Cuvier-Remy-Martin_product_big

Savez-vous vraiment ce qu’est le pineau des Charentes?

Un peu de chauvinisme, nom de non!
Le produit phare de notre belle région de Poitou-Charentes.

Mais le connaissez-vous vraiment? Savez-vous vraiment comment il est réalisé?

 

Le pineau des Charentes serait le fruit… D’une erreur !
La « légende » charentaise raconte qu’un vigneron de Saintonge, en 1589, versa du moût par erreur dans une barrique d’eau-de-vie, et l’oublia dans sa cave.
Ce n’est que quelques années plus tard que le vigneron déguste son produit, et découvre le Pineau des Charentes.
Cependant, ce n’est qu’en 1921 que le Pineau devient réputé et commercialisé.

 

La fabrication

Le Pineau des Charentes est un produit aussi appelé « mistelle », qui est un mélange de moût à de l’eau-de-vie pour obtenir un alcool titré entre 16 et 20°.
Le pineau provient donc de l’ajout de moût, pour les pineaux blancs majoritairement de l’Ugni blanc, et pour les pineaux rosés (ou rouges) majoritairement du merlot mais on peut trouver du cabernet franc ou cabernet sauvignon.
Quant à l’eau de vie, il s’agit ni plus ni moins d’une distillation simple de vin, et cela explique l’importance de l’Ugni blanc dans notre région.
En effet, l’Ugni blanc est un cépage extrêmement productif : il donne des grappes très imposantes, riches en jus, et s’adapte à tous types de climat. Ainsi, il est ramassé en bien plus grande quantité, dans l’objectif de partir en distillation.
Une fois ramassé, l’Ugni blanc est pressé pour donner du moût.

index

Ce moût est donc soit ajouté à de l’eau-de-vie pour produire du pineau blanc, soit il part en fermentation.
A l’issue de cette fermentation, on obtient un vin sans grande saveur, relativement acide et terne. C’est pourquoi on l’utilise en distillation : moins le cépage va être aromatique, plus le produit de la distillation sera stable et savoureux… Eh oui ! (NB : certains vignerons travaillent l’Ugni blanc en vin, et obtiennent des résultats impressionnants de saveur ! )
On obtient, après plusieurs chauffes (que je vous décrirai prochainement), le cœur de la distillation : une eau-de-vie entre 68 et 70°.
C’est cette eau-de-vie qui est ajouté au moût (blanc ou rouge) pour obtenir… le pineau !

 

A la manière du porto (article de la semaine dernière que je vous invite à lire), le « mélange » ne se fait réellement qu’à partir d’un certain temps (environ 3-4 mois). Ils sont vieillis en fût ou foudre (énorme fût de bois de chêne) où ils vont subir une oxydation excessive. Il en résulte un pineau gras, ambré, rond.
Laissez-vous porter par cet apéritif si cher à nos cœurs charentais…

Je ne peux que vous conseiller le Pineau des Charentes de l’Île de Ré, l »Ilrhéa ». Comparé à d’autres pineau des Charentes, j’apprécie tout particulièrement son acidité qui apporte une touche de fraîcheur au côté gras et lourd, habituel des pineaux.

Un petit conseil apéritif : coupez un melon charentais en deux, et versez-y une cuillère de pineau avant d’y ajouter du jambon sec… Un régale !

Ciao Ciao !

Laisser un commentaire