Amphore romaine

Le vin en amphore? Pas si fous ces romains….

Non vous ne rêvez pas, les amphores reviennent. De plus en plus de viticulteurs décident de s’orienter vers cette technique pour l’élevage de leur vin.
Mais pour quelle raison?

 

Revenons un peu en arrière.
Les amphores de l’époque romaine étaient principalement utilisées pour le transport des liquides, et avaient une contenance d’environ 30 litres. Peu de romains donc utilisaient l’amphore (avec les anses que l’on appelle des « oreilles ») avec pour but de vinifier leur vin.
Pour retrouver des traces de vinification dans des contenants en terre cuite, il faut voyager un peu vers l’est, vers les racines de la vinification.
Bienvenue donc… En Géorgie!
En effet, ce sont les géorgiens qui ont réellement maîtriser l’art de l’élevage en utilisant d’immenses jarres en terre cuite (appelées « QVEVRIS« ), directement enterrées à la surface du sol et d’où ne dépasse que le chapeau.
Ces jarres peuvent aller jusqu’à 15000 litres, et certaines datent de 6000 ans !

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Mais alors, pourquoi tronquer notre bonne vieille barrique contre une jarre en terre cuite?
Excellente question. Il faut alors se tourner vers l’essence même de la jarre : la terre cuite.

On utilise généralement sur les rouges la barrique afin que les tanins du bois se couplent aux tanins du vin, diminuant ainsi la sensation de dureté du vin. Les vins donc y sont costauds, puissants, et la barrique va en plus apporter quelques notes de bois, boisés, fumée… Le vin va également y vieillir grâce à l’oxygénation relative dans le bois et arrondir les tanins.

La terre cuite, quant à elle, est neutre en terme d’aromaticité. Elle va garder les arômes naturels du vin. Également, la porosité est l’élément essentiel de la terre cuite. Des millions de petites bulles d’air sont emprisonnées à la surface de la terre cuite. Lors du contact avec le vin dans la jarre, ces bulles vont se libérer petit à petit dans le vin, permettant une oxygénation faible et très qualitative, favorisant alors un vieillissement sain, et un arrondissement des tanins.
Enfin, la gestion de la température y est parfaite. La température reste constante (puisqu’on est sous terre) et la fermentation reste 100% naturelle.

Il en résulte des vins extrêmement gourmands, sur un fruit parfait, très frais. Les tanins y sont assez rêches, mais la puissance du fruit suffit à faire succomber même les plus réticents.
La robe restera vermeille, avec une belle acidité à l’attaque. Le résultat est purement stupéfiant, très à l’écart des vins classiques.
De même pour les blancs qui gardent la fraîcheur du fruit, et s’arrondissent légèrement avec l’oxygénation.

Mais alors, si il n’y a que des qualités… Pourquoi tout le monde ne le fait pas?

 

Le problème majeur de cette vinification / élevage est que le raisin utilisé doit être strictement parfait et sain, avec la maturité idéale. C’est pourquoi ces techniques sont essentiellement utilisées dans les vignobles en biodynamie. De plus, le raisin doit être sain car il est extrêmement difficile d’intervenir sur de tels contenants, et donc l’usage d’intrants œnologiques y est très compliqué.

Cuves-ovoïdes-vinif-réussir-vigne

D’autres techniques de vinification se sont inspirées de cette technique ancestrale, comme la vinification en « œuf » en béton (dites cuves ovoïdes).

Je ne peux QUE vous conseiller de déguster les vins du domaine de Lauzières (à coté de Arles), entièrement en biodynamie. Les élevages se font en cuves ovoïdes ( essayez le « Sine Nomine 2012« , une vraie découverte!) et en amphore.
Si vous voulez voyager, partez alors au Portugal dans le domaine « Nieeport vinhos » entièrement en biodynamie également, qui font de nombreux essais de vins en QVEVRI. Ils y sont très accueillants et le chai est tout simplement superbe !

 

A demain pour une nouveauté dans le monde du vin !
Tim

 

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