cork-738603_1920

Le liège, gage de qualité?

On entend beaucoup parler du liège comme un gage de qualité. Rendant le vin authentique, avec un meilleur visuel, et surtout une meilleure qualité.
Élément historique de nos belles bouteilles, savez-vous réellement distinguer ses qualités de ses défauts ? Ses secrets ? Et surtout, les autres méthodes de bouchonnages sont-elles vraiment qualitative?

 

Déjà aux temps des romains, le liège était réputé pour la conservation des liquides en amphore (et notamment du vin), où il était utilisé en complément de résine pour boucher ces mêmes amphores.
Ce n’est qu’au 18ème siècle que le liège s’est démocratisé, notamment au niveau de la péninsule ibérique (particulièrement le Portugal, plus grand producteur de bouchon de liège au monde) et est devenu produit commercialisé.

Mais comment produit-on un bouchon de liège?

L’écorce du chêne liège est prélevée tous les 9 ans, à la hache. Il en résulte des morceaux d’écorce de l’épaisseur d’un bouchon, qui sont ensuite empilées afin de « s’affiner’ à l’air libre sur une durée allant de 6 mois à un an. chêne-liège-écorce-et-bouchon
Puis viens l’étape la plus importante : le bouillage. Les morceaux d’écorce sont bouillies dans de l’eau pure afin de libérer l’écorce de toutes impuretés et micro-organismes résiduels. Le liège est alors propre, prêt à l’emploi.
Les différentes planches sont entreposées ensuite quelques jours généralement sous des poids pour permettre une stabilisation de ses planches et un meilleur travail.
Vient ensuite l’étape de la découpe et du tubage, effectuée à la manière d’un emporte-pièce en pâtisserie, afin d’obtenir nos fameux bouchons.
Bouchon_liege_naturel_mUne fois créés, ces bouchons vont subir une sélection stricte suivant leur qualité, et surtout selon le nombre de lenticelles qui sont tout simplement les pores du liège, marqueur de la qualité. Plus il y en a, plus il y a de pores dans votre bouchon, et moins il sera de qualité (il peut casser, se desserrer…).
Enfin, ces bouchons sont lavés une dernière fois, séchés, colmatés (d’un mélange de poudre de liège et de colle pour reboucher les lenticelles), marqués à l’encre suivant les clients, et enfin traités à la paraffine afin de permettre l’introduction du bouchon dans le goulot de la bouteille.

Et son influence sur le vin alors?

Le liège, en effet présente un impact non-négligeable sur le vin. Il permet les échange gazeux entre l’air, la porosité du bouchon, et le vin, et est souvent qualifié de « poumon du vin ». Le vin va donc vieillir, plus ou moins rapidement suivant la qualité du liège (et surtout des lenticelles). A savoir qu’un vin placé debout dans votre cave verra son bouchon de liège se rétracter rapidement et donc laisser passer plus d’oxygène que prévu ! Une bouteille couchée mettra votre bouchon en contact avec le vin et évitera une rétractation trop rapide. Et surtout je vous rassure, votre bouchon, même en contact avec le vin ne risque pas de transmettre le goût du bouchon.
Le liège reste donc privilégié sur les grands rouges de garde de par son influence… Mais sa principale qualité naturelle est également son défaut !
Et ce défaut se nomme TCA : TriChloroAnisole, responsable de ce fameux goût de bouchon (vous savez, cette fameuse odeur de moisie), touchant entre 3 et 5% des bouteilles du marché. Malheureusement, à l’heure actuelle aucun fabricant de bouchon de liège n’a réussi à contrer ce défaut majeur, malgré beaucoup de dires.

Et les autres obturateurs?

Les autres obturateurs (deux principaux) restent privilégiés pour les vins sans longue conservation.

  • Le premier est le bouchon synthétique (en plastique alimentaire ou aggloméré). Malgré son aspect que certains qualifieraient de « cheap », il possède des avantages indiscutables. Il est le parfait compromis entre la capsule et le liège. Techniquement ce bouchon ne se brisera pas à l’ouverture, et ne laissera aucun résidu dans votre vin. Il permet une conservation sans oxydation, préservant vos arômes de toutes déviances organoleptiques. En outre, il est parfaitement neutre et n’impactera pas le vin, et est surtout le moins cher du marché. Seulement, les polymères de ces bouchons ont tendances à durcir lors de la conservation en cave.

 

  • Le second obturateur est la capsule. Il s’agit du système le plus efficace pour la préservation des vins (et en particulier des blancs). Le faible espace d’air entre l’obturateur et le vin permet une très légère oxydation sans risquer un quelconque goût de bouchon, et le vin se préservera aussi longtemps que possible. Seulement, il n’est en aucun cas utile pour la garde des vins rouges.

 

Vous savez tout ! D’un avis personnel, je trouve qu’il n’y a rien de mieux que de déguster une belle bouteille de vin, avec un beau bouchon en liège marqué…
A mardi pour une nouvel article !
Ciao ciao !

Laisser un commentaire