wine-2799719_1920

Comment se passe l’année d’un viticulteur?

Non, un viticulteur n’effectue pas que des vendanges! Il faut bien du travail et surtout de la patience pour obtenir ce nectar si précieux, dont les vendanges ne représentent que l’aboutissement de ce travail.

Voici alors un petit récapitulatif du cours de l’année d’un viticulteur, de la taille d’hiver jusqu’aux vendanges.

 

  • La plantation / les 3 premières années : Au cours de l’entrée en hiver généralement, après un travail du sol qui peut atteindre 2 années complètes, la vigne est plantée. La vigne se présente comme un porte-greffe, espèce de socle de la vigne, et le greffon qui sera la « variété » de la vigne. Cela permet de choisir un porte-greffe et un greffon adaptés à certaines conditions climatiques, de sol, de productivité… afin d’avoir la production et le cépage le plus adapté à son terroir. Une fois plantée, la vigne va être travaillée pendant 3 ans (interdiction de production dans les 3 années suivant la plantation ! ). (NB : lorsque vous voyez qu’un viticulteur perd des pieds de vignes lors d’un accident, d’un évènement climatique ou autre, ce n’est pas le prix de la vigne en tant que tel qu’il va perdre, mais bien toutes les années de travail correspondantes, et notamment les 3 premières qui sont les plus importantes !! )

 

  • La taille : L’hiver, vous pouvez voir de nombreuses personnes dans les vignes. Ils pratiquent la taille, afin de limiter l’expansion de la vigne qui est par nature une liane. Cela veut dire que la vigne va favoriser la production de feuilles et de tiges plutôt que de fruits comme les arbres fruitiers communs. C’est en partie pour cela que l’on va tailler la vigne et les plantes en général : cela va créer un stress sur la vigne qui va alors se concentrer sur la production de fruits pour se pérenniser plutôt que sur l’expansion verte. C’est sur ce principe de base du stress que repose TOUTE la production de raisin !

 

Vous avez différentes techniques de taille suivant les régions : guyot simple (la plus commune : il s’agit de laisser une tige sur la vigne (que l’on appelle baguette ou aste) avec un nombre de bourgeons spécifiques suivant la production voulue ou le cépage…), guyot double (deux baguettes), cordon… N’hésitez pas à me contacter si vous voulez des informations supplémentaires !

 

  • Le tirage des bois/le liage : Une fois la taille effectuée, les bois « coupés » (ou sarment, qui est le bois vert que la vigne fait pousser chaque année) sont retirés des fils de palissage (fils de fer pour faire tenir les branches de vignes) et déposés par terre où ils seront broyés plus tard afin de fournir des nutriments au sol. A l’époque, les viticulteurs brûlaient les sarments de vignes directement dans la vigne, dans une espèce de brouette qu’ils tiraient derrière eux. Cette technique, bien que bénéfique pour la vigne (elle évite le gel, créé une atmosphère stérile limitant les infections de la vigne lors de la taille, et permet de réchauffer le tailleur également! ), elle est interdite dans quasiment toutes les régions viticoles en raison de l’émission de particules fines.
    Les baguettes restantes sont alors attachées au premier fil de palissage, à l’horizontale pour exposer les bourgeons vers le haut ou vers le bas. C’est ce qu’on appelle le liage.

 

  • En avril, lors du débourrement ( les feuilles sortent de leur bourgeon), l’ébourgeonnage est effectué. Certains bourgeons (ceux orientés vers le sol majoritairement) sont enlevés pour favoriser les flux de sève sur les bourgeons orientés vers le haut, afin de faciliter le travail futur de la vigne et obtenir un beau « mur » végétal.

 

  • La période de mai et juin représente une période extrêmement importante pour la vigne : les premiers relevages de vigne sont effectués : les sarments de vigne (rappelez-vous ! les nouveaux bois créés par la vigne!) sont placés entre les fils de fers pour obtenir une pousse verticale et permettre une meilleure exposition au soleil.
    L’épamprage y est également effectué (la vigne possède de jeunes bourgeons à son pied au niveau du sol. Ils vont poussés à la sortie de l’hiver (appelés donc pampres). Seulement, la vigne va favoriser cette pousse au lieu de favoriser la production de fruit : il faut donc les enlever).
    Enfin, on y fait également le rognage des vignes : on coupe tout simplement les sarments de vigne qui malgré le relevage vont pousser vers le milieu du rang de vigne.

 

  • Pour finir, tout l’été l’effeuillage est effectué afin de retirer des feuilles et surtout les feuilles appelées « senescentes » (anciennes) qui au lieu de produire de l’énergie grâce à la photosynthèse vont réclamer de l’énergie. Elles sont généralement les feuilles les plus basses. Ainsi, il faut permettre l’aération des grappes en enlevant un certain taux de feuilles tout en évitant de trop exposer les grappes au soleil, où elles pourraient brûler. Il faut donc trouver un très bon juste milieu entre en enlever trop, qui augmente les risques de brûlure et limiterait le taux de photosynthèse et donc de production d’énergie et surtout de sucre, et ne pas en enlever assez qui rendrait ce travail totalement futile.

 

  • Vient ensuite la période critique : la vendange ! Il n’est pas nécessaire que je vous explique cette étape-ci 😉

Attention : Ces différentes étapes de viticultures sont celles que l’on effectue en France et dans quasiment tous les pays d’Europe et d’hémisphère nord. Lors de vos différents voyages, il se peut que vous rencontriez différentes techniques. Notamment dans certains pays tropicaux, où il peut être effectué jusqu’à 3 vendanges par an !
Certains pays font également de la vendange en pergola !

traditional-landscape

Voici donc comment travaillent les viticulteurs tout au long de l’année (très grossièrement bien entendu, je n’ai pas mentionner les facteurs de stress hydrique, de maladies…) afin que vous ayez une meilleure idée du travail à effectuer. Tout au long de l’année, il faut y ajouter le temps de travail du sol (désherbage, travail du sol, tonte de l’herbe…) ainsi que la totalité du travail au chai, où il faut s’occuper des vins, de l’embouteillage etc…
Il ne s’agit donc pas simplement de planter une vigne et d’attendre la vendange, mais bien de la chérir, de s’en occuper, avec tous les risques climatiques présents ! (gel, grêle, tempête, inondation etc…).

C’est peut-être pour cela que c’est un des plus beaux métiers du monde…

 

Dans un prochain article je vous expliquerai les différents principes de fermentation de jus de raisin.

Laisser un commentaire